
Triple Train Express part d’un sujet sur lequel tout le monde a son avis en Belgique : le train. La comparaison s’arrête toutefois assez vite. Ici, aucune voix ne vous annonce un changement de voie trois minutes avant le départ. Trois locomotives futuristes traversent un tunnel de néons, les rails brillent comme dans un clip synthwave et, détail presque provocateur, tout semble avancer dans la même direction.
Snowborn Games abandonne donc la gare grise du lundi matin pour un réseau ferroviaire sous haute tension visuelle. Triple Train Express prend ce que le rail a de plus graphique : la vitesse, les lignes, les lumières… et l’envoie directement dans le futur.
Triple Train Express : le rail passe en mode néon
Le décor tient dans un long tunnel où le bleu électrique, le violet et le rose se répondent. Les arches lumineuses donnent de la profondeur, les rails chromés découpent l’image et les traînées de lumière suggèrent une vitesse constante. On se situe entre une rame futuriste, une salle d’arcade et un vieux fantasme de science-fiction sur les transports de demain.
Les trois locomotives occupent naturellement le premier plan. Chacune possède sa propre couleur et son propre caractère visuel. L’une paraît plus agressive, une autre plus froide, la troisième plus flamboyante. Aucun conducteur visible, aucun contrôleur, aucun voyageur qui bloque la porte avec son sac : juste trois machines lancées dans un tunnel conçu pour être vu en mouvement.
La direction artistique évite le train rétro à vapeur. Pas de charbon, pas de petite gare de campagne. Triple Train Express préfère le métal, les reflets et les lumières franches. Le résultat se lit très vite, même sur mobile : trois couleurs, trois locomotives, une seule trajectoire.
Trois trains, mais pas trois fois la même image
Le titre aurait pu mener à une simple répétition. Ce n’est pas le cas. Les couleurs servent de repères, les formes donnent de la variété et le tunnel devient une scène où les locomotives entrent tour à tour sous les projecteurs.
C’est ce qui donne à Triple Train Express son identité. Le jeu n’a pas besoin de personnages, de château ou de mythologie. Ses héros sont des machines. Cela pourrait être froid, mais la palette néon et les effets lumineux empêchent l’ensemble de ressembler à une brochure technique pour matériel ferroviaire.
Même le logo suit cette logique. Il évoque une enseigne placée au-dessus d’un quai imaginaire, sauf qu’ici le quai mène vers un tunnel violet plutôt que vers Bruxelles-Midi. On a connu des correspondances moins engageantes.
Le clin d’œil belge était sur la voie
Difficile de parler de trois trains sans penser à la SNCB. Triple Train Express présente un monde où les rames filent, où personne ne cherche sa voiture et où aucune correspondance ne dépend d’un sprint sur un escalator.
Est-ce réaliste ? Non. C’est aussi pour cela que la science-fiction existe.
L’ambiance sonore prolonge cette impression de trajet lancé à pleine vitesse. On imagine moins le traditionnel « tchou-tchou » qu’un mélange de pulsations électroniques, de grondements métalliques et de montées synthétiques. Le son accompagne le tunnel plutôt qu’il ne cherche à imiter une vraie gare.
Le clin d’œil local reste secondaire. Triple Train Express n’est pas une satire de la SNCB. C’est un univers futuriste qui propose par accident exactement ce que tout voyageur belge a déjà demandé au moins une fois : un train clair, direct et sans mauvaise surprise.
Conclusion : prochain arrêt, Triple Train Express
Triple Train Express réussit surtout par la cohérence de son décor. Trois locomotives futuristes, un tunnel saturé de néons, des rails chromés et une ambiance électronique : le jeu sait où il va et ne change pas de voie en cours de route.
Son identité tient moins à une histoire qu’à une sensation de mouvement. Snowborn Games transforme le train en objet de spectacle, avec une esthétique cyberpunk lisible et un humour belge qui s’invite presque tout seul.
Trois trains à l’heure ? On savait bien qu’il fallait passer par la fiction.
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